Julie

Mon expérience de l’oral Sciences Po :

            Pour commencer, je m’appelle Julie, je suis originaire de Vendée et étudie aujourd’hui en première année du Collège Universitaire. Le 15 Mai 2019, je passais mon entretien oral à Sciences Po Paris dans l’espoir d’intégrer le campus Euro-Américain de Reims.

La préparation de l’oral :

            Après avoir été déclarée admissible sur dossier début février, il me restait un peu plus de 3 mois pour préparer au mieux mon oral. Ainsi, il me semblait primordial de laisser retomber la pression des écrits et de laisser mon esprit penser à des sujets autres que Sciences Po. Les premières semaines (voire le premier mois) de préparation ont donc seulement consisté à ajouter quelques applications d’actualité comme The New York Times ou The Economist à celles que je consultais déjà quotidiennement comme le Monde ou Ouest France. Mi-mars, ma préparation s’est pour le moins intensifiée. En effet, ayant toujours été très intéressée par l’actualité, j’ai commencé à faire beaucoup plus que de simplement lire les faits. J’ai cherché à comprendre les moindres détails de chaque actualité sensible du moment : la crise politique au Venezuela, le Brexit, les élections européennes… Là où j’avais l’habitude de passer du temps devant des séries, j’écoutais des podcasts de France Culture ou France Inter comme Affaires Sensibles avec une oreille attentive et curieuse. Pour ajouter à ma lecture quotidienne de l’actualité, je m’imposais la lecture de quelques articles en anglais du New York Times chaque jour afin d’avoir des points de vue différent sur l’actualité du monde anglo-saxon. Toute cette intensification de mon intérêt pour l’actualité m’a amenée à réaliser des fiches pour chaque sujet, comportant les détails de la situation, différents points de vue ainsi que mon avis personnel sur les faits.

            Parallèlement à ces recherches, j’ai repris ma lettre de motivation minutieusement, point par point afin d’être prête à expliciter sans faille chaque détail que je mentionnais. Dans la même optique, j’ai préparé une présentation « type » avec les informations cruciales que je souhaitais mentionner au début de mon oral, celles qui n’étaient pas dans ma lettre ou que j’avais la volonté d’approfondir. Sans l’apprendre par cœur, cette préparation au préalable m’a permis d’avoir une idée claire de la direction vers laquelle je souhaitais orienter mon oral. De plus, je me suis renseignée sur Sciences Po, l’histoire de l’école, les cours, les différents parcours possibles, les associations… Grâce à mon binôme SOSciences Po et à plusieurs connaissances, j’ai pu me faire une idée précise de ce que je souhaitais accomplir dans cette école tant sur le plan scolaire qu’extrascolaire. Ainsi, la préparation de mon entretien occupait la plus grande partie de mon temps libre, une fois mes obligations scolaires remplies (au strict minimum nécessaire je l’admets), je me mettais à la tâche, à cette préparation qui me passionnait plus qu’elle ne me contraignait.

            Un mois avant mon oral, j’ai commencé à faire plusieurs entretiens blancs en présentiel ou via visioconférence avec différentes personnes : une amie à Sciences Po, mon binôme SOSciences Po et un professeur. Chacune a pu m’apporter des conseils et des points de vue différents concernant mon expression, la manière de construire mes réponses, mon attitude physique, qui m’ont permis d’être prête et sereine le Jour-J. Pour toutes ces raisons, il me semble primordial de faire plusieurs oraux blancs avec des personnes différentes avant l’oral afin d’être conseillé.e au mieux et d’évacuer le stress que l’on peut ressentir la première fois.

L’oral :

Je suis donc arrivée le jour de mon oral, le matin du 15 mai 2019, plutôt sûre de moi, bien que stressée par l’enjeu de cet oral. Je me suis rendue à Paris avec ma maman, un soutien qui m’était essentiel avant comme après ce moment important. Comme beaucoup, j’ai découvert mon jury inscrit sur la porte de ma salle d’oral : Guillaume Plantin, récemment nommé directeur scientifique de Sciences Po et également professeur d’économie sur le campus de Reims et Lucie Romanello, professeure d’économie sur le campus de Paris. Venant de la filière scientifique, il est vrai que la spécialisation en économie de mes deux jurys m’a inquiétée quelques minutes avant le début de mon entretien. Finalement, les deux m’ont accueillie d’une manière très bienveillante et professionnelle parfaitement en accord avec ce à quoi je m’attendais. Après m’être présentée, de nombreuses questions personnelles relatives à mon expérience passée et mes ambitions futures se sont enchaînées de manière fluide et agréable. Pendant que l’une posait la majorité des questions, l’autre semblait prendre note de mes réponses. Après 6 ou 7 minutes, les questions se sont portées sur la politique Nord-Américaine, notamment celle de Donald Trump ou de mes avis sur certains sujets sensibles du moment. Dans la globalité de l’oral, le jury semblait testé ma personnalité et ma capacité à répondre à des questions d’actualité plus poussées demandant des connaissances particulières comme à des questions très personnelles nécessitant une prise de position. Une question que j’avais pourtant préparée m’a cependant déstabilisée quelque peu. En effet, lorsque Guillaume Plantin m’a demandé ce que je venais faire à Sciences Po en sortant de la filière scientifique, j’ai été pour le peu perturbée du ton sur lequel cette question a été posée. Cependant, ayant anticipé ce point ambigu de mon dossier, j’ai pu reprendre les choses en main et relier mon parcours à mes envies futures. Ainsi mon entretien fut plutôt agréable et constructif, je me suis sentie testée sans pour autant être mise à l’épreuve de manière trop rude.

L’après-oral :

            Au vu du bon déroulement de mon oral et de ma gestion plutôt maîtrisée de mon stress, je ne pensais pas avoir une réaction aussi forte après mon entretien. En effet, en retrouvant ma maman à la sortie, je me suis effondrée en pleurs sans savoir quel point de vue porter sur ce qu’il venait de se passer. J’ai commencé à douter de mon entretien, en effet, il avait seulement duré 13 minutes, ce qui m’a semblé particulièrement court. Comment pouvaient-ils se faire un avis sur moi au bout de si peu de temps ? Avais-je fait ou dit quelque chose qui me disqualifiait ? De nombreuses questions ont défilé dans ma tête dans les minutes suivant ma sortie de cet entretien. Finalement, après avoir repris mes esprits, j’ai réalisé que j’avais montré le meilleur de moi-même, sans trahir ce que j’étais et ce pourquoi j’étais venue. J’avais eu le temps de dire ce que j’avais à dire même en ce court laps de temps. Il ne me restait plus qu’à profiter d’une journée parisienne ensoleillée, profiter d’un repos bien mérité et mettre l’aventure Sciences Po dans un coin de ma tête en attendant les résultats mi-juin. 

Mes conseils :

Éléments clés :

            Selon moi, la particularité de l’oral de Sciences Po est la possibilité de pouvoir être soi-même, il me semble donc primordial de ne pas se formater, de ne pas suivre de modèle prédéfini sur ce que l’on doit être ou montrer et de rester fidèle à notre personnalité. Les connaissances sont bien sûr cruciales, mais la cohérence l’est d’autant plus. En effet, il est parfaitement normal d’être incollable sur des sujets particuliers et plutôt maladroit sur d’autres. Le principal est donc d’être malin, de savoir mettre en avant nos points forts sans pour autant nier nos points faibles et de montrer une volonté sans faille de progresser. Ainsi, en étant fidèle à soi-même et après une bonne préparation, je pense que les portes de Sciences Po peuvent s’ouvrir plus facilement. Quand je vois la diversité des élèves que je côtoie, je me dis souvent que j’ai bien fait de rester celle que j’étais, sans prétention particulière. C’est à moi-même, lycéenne vendéenne et pleine d’ambition, que je dois ma place, à celle que je suis et non pas celle que j’aurais pu essayer d’être.

Conseils pour le Jour-J :

            Pour le Jour-J, les conseils que j’ai à donner sont pour le moins banals mais essentiels. En effet, essayez d’arriver en avance sur les lieux après avoir passé une bonne nuit (même si j’admets que cela semble compliqué), seul.e ou avec une personne qui sait comment vous apaiser. Mettez une tenue dans laquelle vous vous plaisez, dans laquelle vous êtes à l’aise. Rien ne doit vous gêner, ni vos cheveux, ni vos bijoux, ni votre montre. Faites des oraux blancs et vous pourrez vite remarquer vos petits tics qui peuvent venir parasiter votre discours. Finalement, ce n’est pas 5 minutes avant votre oral que vous pourrez apprendre des informations cruciales, vous en savez déjà énormément en arrivant alors ne vous prenez plus la tête sur place. J’ai passé quelques minutes avant mon oral à rassurer et calmer une fille qui était pétrifiée à l’idée de passer son oral, elle avait l’air brillante mais perdait tous ses moyens. N’oubliez pas que si vous êtes là vous le méritez. Certes, certains jurys sont plus bienveillants que d’autres, mais vous ne le saurez pas avant de rentrer dans la salle, alors faites-vous confiance. Contentez-vous de gérer au mieux tout ce que vous pouvez gérer et ne vous préoccupez pas des facteurs qui sont complètement indépendants de votre volonté. 

Croyez en vous comme nous croyons en vous !

Julie Dugast, 1A Euram sur le Campus de Reims

Pour accéder à des comptes-rendus d’oraux, cliquez sur ce lien : https://drive.google.com/drive/u/1/folders/0BySl9Dt0kCJ3fk4wVXBDMmhsMS05ODZfbnhpbXhWYlQ4bnFqWVlrX1pYRUhBb3FHRmRJd28