Mars 2016 – Langues

Ce mois-ci, on se rassure sur les langues ! Mais si, vous savez, ces terribles campus délocalisés qui semblent exiger que vous soyez trilingue avant même d’y entrer ! Entre lettres de motivation polyglottes et certifications en tout genre, on démêle ensemble le vrai du faux :

Sarah nous demande : « Bonjour, je suis fortement intéressé par le programme Euraf, mais les cours en anglais me font un peu peur. Les cours dispensés en anglais sont ils abordable ? Ou alors est-ce qu’il faut un niveau en anglais spécifique ? »

Tristan : « Bonjour, je suis candidat pour le campus de Reims et je me demandais si la lettre doit aussi comporter des passages en Français ou non ? »

Kiara : « Bonjour ! Je suis entrain de finaliser ma candidature au campus Europe-Amérique Latine de Poitiers du collège universitaire. J’aimerai savoir, s’il vous plait, en quelle langue je dois écrire ma lettre de motivation, j’ai déjà la version française et voilà que depuis quelques jours le libellé suivant (sur le site d’admission) à semer le trouble dans mon esprit : « Si vous vous portez candidat à deux programmes, vous devez motiver chacun de vos choix dans la ou les langues requises ». Dois-je envoyer ma lettre de motivation en espagnol ? »

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Bonjour à tous !

Ca n’est pas toujours facile de s’auto-évaluer dans une langue. La première étape, c’est de chercher les indices dans votre dossier de candidature qui pourraient aider le jury à vous situer :

  • Votre langue maternelle ou les différentes langues que vous parlez à la maison
  • Votre langue d’étude
  • Les langues que vous avez apprises à l’école, et comment – cursus classique, section européenne, bac international…
  • Vos séjours à l’étranger : une semaine à Poole, en Angleterre, ne vous sera malheureusement pas d’un grand secours. Un programme Brigitte Sauzay en Allemagne, qui est labellisé, ou un échange d’un an dans un lycée américain, qui s’est inscrit dans la durée, sont déjà beaucoup plus intéressants
  • Si vous passez le concours écrit, quelle langue avez-vous choisi ? Avez-vous l’impression de vous en être bien sorti ?
  • Les fameuses certifications (Instituts Goethe ou Cervantes, Cambridge, TOEFL…)

Alors, est-ce qu’il y a des indices visibles qui apparaissent dans ce dossier ? Il est tout à fait possible que non, et que vous soyez pourtant excellent en langues : tenir son journal intime en langue étrangère, avoir un correspondant, être accro à Netflix… ça n’apparait pas dans un dossier. Et c’est seulement là que les certifications interviennent. Pourquoi ? Souvent, les certifications sont coûteuses, et il est donc inutile d’investir si vous avez déjà un dossier en béton derrière vous. D’ailleurs, même avec un dossier un peu fragile en apparences, il faut se rappeler que si vous ne pouvez pas vous permettre de payer pour une certification, le jury pour vérifier in situ votre niveau lors de l’oral. Pas la peine de s’endetter donc. Mais si vraiment vous demandez un programme avec des exigences en langues et que vous pouvez passer des certifications, pensez à vous renseigner auprès de votre lycée ! Certaines régions sponsorisent les élèves recommandés par leurs professeurs. Et pour bien se préparer à un test de langues, il faut souvent étudier « to the test » : en s’entraînant bêtement au format de l’exercice, souvent un peu rigide.

Ensuite, comment savoir si vous allez survivre dans ce fameux programme en langue étrangère ? Pas de mystères, il faut vous évaluer, et pour cela, penser en terme de compétences, un peu comme vos professeurs de lycée, va vous aider. Sauf que cette fois-ci, on transpose ces fameuses compréhension et expression écrite et orale en compétences opérationnelles. Vous sentez-vous capable de :

  • Suivre un cours magistral, et de prendre des notes ?
  • Participer à un débat sur un sujet préparé à l’avance ? Sur un sujet d’actualité ? Totalement au pied levé ?
  • Lire un ouvrage avec du vocabulaire un peu technique de sciences politiques, par exemple, s’il est expliqué ensuite en cours ?
  • Ecrire une dissertation de 1500 à 3000 mots sur un sujet que vous aurez étudié en classe, ou recherché à la maison ?
  • Faire un exposé de dix minutes sur un sujet que vous aurez préparé à la maison ?

Ca vous semble difficile ? Pas de panique. C’est tout à fait normal, les premières semaines, de compléter les trous dans ses notes d’histoire avec son voisin, et d’être un peu timide quand un débat sur l’austérité, les bienfaits du beurre de cacahuètes ou le féminisme éclate autour de la machine à café. Vous allez vous habituer très vite. Et cet été, si vraiment vous vous inquiétez, vous pourrez toujours écouter une radio étrangère (ex. BBC 4, qui met en scène de la littérature anglophone en feuilletons radiophoniques) en prenant des notes…

Dernier point sur la lettre de motivation : en général, dans une procédure internationale, elle est très souvent rédigée en anglais. Si ça vous semble difficile de le faire alors que ça serait logique par rapport au programme que vous avez demandé, deux possibilités :

  • C’est la toute première lettre de motivation que vous écrivez et vous n’êtes pas à l’aise. Il vous manque peut-être les codes (formules de politesses…). Vous ne seriez pas beaucoup plus à l’aise en français. => Ca n’est pas un problème de langue, c’est un problème de candidat normal ! Pas de panique, et tournez-vous plutôt vers nos outils d’aide sur la lettre de motivation.
  • C’est un vrai problème de langue, la langue de Shakespeare (ou celle de Cervantes ou de Goethe, nous ne sommes pas sectaire) ne vous offre pas assez de fluidité et de nuances, vous avez recours au dictionnaire toutes les cinq minutes. => Il faut malheureusement ré-évaluer votre capacité à être à l’aise dans le programme que vous demandez. Si c’est pour souffrir toute l’année et ne pas valider vos matières, ça n’est peut-être pas la peine. A vous de voir si le problème est de fond, ou si des cours intensifs le premier semestre et tout simplement « se mettre dans le bain » suffira à y remédier.

Quant à cette idée de devoir écrire vos lettres dans plusieurs langues… On est d’accord, ça n’est ni très clair, ni très élégant. Un paragraphe dans une langue différente du corps de la lettre ne se justifie que si les langues demandées sont très différentes (exemple : vœux 1 Reims, vœux 2 Poitiers). A priori, pas besoin de prouver vos capacités en français. Si vous hésitez donc entre français et anglais, pas de franglish : rédigez tout in English !

Good luck !

 

M.B.

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