La dernière ligne droite

Le matin du 20 décembre, 5 jours avant Noël, tu réalises que les épreuves écrites sont dans … deux mois jour pour jour. Que tu sois plutôt fondeur (lancé sur la piste des révisions depuis plus d’un an) ou sprinteur (deux mois, c’est suffisant non ?), voici quelques conseils stratégiques et témoignages pour gérer au mieux la dernière ligne droite.

I. Pour les fondeurs (= révisions bien engagées → objectif approfondissement)

  • Réfléchir à de possibles connexions entre les enjeux actuels et les disciplines choisies pour enrichir ses copies
  • Assimiler quelques infos de type “anecdote”, qui montreront un réel approfondissement : quelques chiffres, le nom d’acteurs peu connus, des nuances moins évidentes. Se servir pour cela des fameux “documents” que vous trouvez dans vos manuels d’histoire (affiches, articles de journaux phares…)
  • Relire régulièrement ses fiches, travailler avec des amis…
  • Regarder des films / documentaires en rapport avec le programme pour réviser de manière agréable
  • Tu es dans la situation la plus appréciable : SOUFFLE et prends du recul. Profites-en pour soigner tes APB et éviter le syndrome du “Sciences Po ou rien” à la veille de l’écrit ou au lendemain d’un oral que l’on auto-évalue apocalyptique.

II. Pour les sprinteurs (= révisions au point mort → objectif coup d’accélérateur)

  • Dans un premier temps, se focaliser sur l’essentiel, trouver un manuel d’Histoire de première (le Nathan est très bien fait) et s’attacher à le connaître parfaitement en le mettant en perspective avec des cours de l’année passée. Si besoin, compléter avec des livres qui sont plus factuels mais sans pour autant se disperser. S’entraîner à rédiger des problématiques et plans efficaces.
  • Le meilleur moyen de réussir reste de ne se rendre coupable ni d’impasse ni de dispersion. Assure toi de connaître bien toutes les bases et d’être capable d’écrire une copie complète avant de vouloir approfondir pour la remplir d’éléments valorisés mais secondaires.
  • Sois méthodique : définis des plages de révisions pour chaque matière entre deux repas de famille et essaye de les tenir, tout en te remémorant régulièrement tes acquis des jours précédents.
  • Ne néglige pas tes cours de terminale ! Une copie riche en références à propos se détache évidemment, l’ensemble de ton cursus scolaire est là pour t’en apporter. Tu n’as plus le temps pour lire le Berstein et Milza sous tous les angles, repense plutôt à tes cours de Français, d’Histoire ou de Philosophie et essaye de faire des ponts. Un cours que tu connais déjà de l’année dernière est bien plus simple à mémoriser, tu n’as qu’à le compléter avec une réflexion personnelle.

“J’ai commencé à réviser un mois avant le concours. C’est difficile car très intensif, il faut vous mettre un temps en “mode prépa”, mais la motivation est votre alliée ! Je travaillais environ 3 à 4h par soir pour Sciences Po, en plus du lycée, et plus le week-end (en gardant tout de même des temps de pause pour s’aérer, faire du sport, la cuisine, ce qui vous détend). La méthode intensive est la bonne si vous travaillez mieux sous pression, mais il est quand même préférable de s’y mettre le plus tôt possible.

En histoire, je préparais des fiches (à partir de manuels et de livres spécialement faits pour Sciences Po) pour chaque sujet, avec des plans + problématiques afin de gagner du temps et de ne pas me perdre dans les infos. En éco, j’ai utilisé les cours du CNED pour compléter ce que nous n’avions pas eu le temps de traiter en cours. L’idéal est aussi de suivre l’actu en regardant par exemple l’excellent journal d’arte (19h45 tous les soirs) et en lisant la presse. Enfin pour l’anglais, je lisais la presse et je faisais les sujets des années précédentes, en travaillant le vocabulaire journalistique (en apprendre 15 mots par soir) type The Telegraph ou The Economist. Il faut se tenir au courant de l’actu mondiale et retenir quelques faits et chiffres à utiliser en exemples.

La méthodologie est autant, voire plus importante que les connaissances, il faut donc surtout comprendre les attentes plutôt que d’angoisser face à la masse de travail. Misez sur vos compétences de rédaction et de réflexion, qui font la différence même si elles nécessitent moins de travail que les connaissances purement factuelles.

Bon courage!”

Louise

 

“Si vous vous sentez un peu à la masse parce que le concours approche et que vous n’avez toujours pas eu le courage ou le temps jusque-là : pas de panique ! Avec un bon coup de cravache et une bonne dose de motivation tout est possible ! Le tout est de s’organiser avec un planning détaillé ce qui permet de faire redescendre un peu la pression !

J’avais commencé à réviser sérieusement à partir des vacances de Noël pendant lesquelles j’ai vérifié que j’avais bien tous les chapitres de chaque matière,  complété avec un manuel de 1ère ou quelques infos du Bernstein ou du Touchard (pas besoin, et plus le temps, de les lire en entier, il faut maintenant survoler les passages qui peuvent compléter un cours pas assez construit. Ne vous inquiétez pas quand vous entendez dire « moi j’ai lu 3 fois chaque tome du Bernstein, pas toi ? » parce que ça peut être un océan de détail dans lequel on se perd un peu !), ou même sur des cours d’internet. Une fois que tous les cours sont solides et complets, c’est top : il est temps de commencer à tout réviser et bachoter, allez courage !

A partir de ces vacances je crois que je m’étais fixé l’objectif de faire 4 chapitres d’histoire par week end (donc deux par jour ce qui est faisable), un peu d’éco chaque mercredi et  un jour dans la semaine où je me réservais un peu de temps pour lire des articles de The Economist et répertorier le vocabulaire que je ne connaissais pas (c’est-à-dire une bonne partie de l’article !).

C’est important de se faire un planning assez détaillé avec les noms des chapitres à faire chaque semaine pour être plus rigoureux. Et comme ça normalement on se retrouve avec des week end avant les vacances où on a fini de tout apprendre une première fois et où on a le temps de tout relire ce qui est assez rassurant. Et si on a la chance d’avoir une semaine de vacances de février avant le concours on peut même les revoir une 3ème fois et s’entrainer à faire des sujets !

Pour l’anglais, je conseille de faire des fiches d’actus (quelques chiffres, arguments  et vocabulaire pour chaque thème qui pourrait tomber) à partir des numéros « Bilan de l’année 2015 » de « Sciences Humaines », « Les Echos » et « The Economist ».

Pour l’éco, je conseille de regarder sur le site de l’éducation nationale toutes les notions (vraiment une à une) qui sont au programme et être capable de les expliquer très clairement, si besoin avec un graphique ce qui permet de se préparer à la première question de micro ou macro.”

Raphaëlle

 

En définitive, il est à retenir qu’un concours écrit, celui de Sciences Po comme tous les autres que vous attendrez anxieusement à différents moments de vos vies, se joue sur vos copies et uniquement sur elles. Nulle part ne sera écrit que vos révisions ont débuté quand vous étiez en 2nd 7 ou à l’avant veille de l’échéance. La ligne d’arrivée est ici la même pour les marathoniens et pour les sprinteurs : à vous de savoir optimiser le temps qu’il vous reste pour la préparation des épreuves en fonction du temps que vous y avez déjà consacré, des forces que vous vous connaissez et des faiblesses qui vous suivent. Si le minutieux n’est pas à l’abri d’une défaillance et que le retardataire connaîtra peut-être la fulgurance d’une vie, gardez tout de même à l’esprit qu’un travail de longue haleine et une réflexion entretenue demeurent les meilleurs moyens de voir son nom sur la liste.