L’épreuve d’histoire

Pour vous aider dans votre préparation, retrouvez les annales et rapports de correction des années précédentes ici !


Deux exercices, 20 points, 4 heures, et un coefficient 2. Une dissertation, une étude critique de documents. L’épreuve d’histoire est la seule partie du concours commune à tous les candidats, quelle que soit leur filière. Souvent redoutée pour sa difficulté, cette épreuve demeure accessible avec une bonne dose de travail et surtout, de méthode.

Pour réussir un concours, il faut avant tout savoir quelles sont les attentes des correcteurs et connaître le format de l’épreuve pour s’y préparer au mieux. Si cela semble évident, beaucoup de candidats négligent pourtant la méthodologie au profit des connaissances pures. Le jour J, ils se retrouvent donc devant leur copie, tous les faits en tête, mais sans savoir par où commencer, ni comment organiser cet amas de connaissances. Vous finirez donc par lancer un regard plein d’espoir aux surveillants, en espérant qu’ils vous apportent une réponse. Malheureusement, la seule chose qu’ils pourront vous donner, c’est une feuille de brouillon. Vierge.

 

Première étape : se familiariser avec le format de l’épreuve

En premier lieu, allez faire un tour sur le site des admissions pour lire la présentation de l’épreuve faite par Sciences Po : vous aurez une idée plus précise du format et de ce qui est attendu . Ensuite, vous pouvez consulter le programme de l’épreuve, composé de 17 chapitres, et l’imprimer pour l’accrocher au-dessus de votre espace de travail : votre bureau, votre lit, vos W.C., on ne juge pas.

Règle d’or : PAS D’IMPASSE. On ne le répètera jamais assez, mais surtout ne faîtes aucune impasse sur le programme. “Oh, une petite impasse c’est pas grave, de toute manière pour la composition on a le choix entre deux sujets !”. Oui, mais il y a l’étude de documents. Et les connaissances qui sont déjà dans les documents ne vous permettront pas de faire la différence, ce serait donc dommage de réduire drastiquement vos chances d’admissibilité en faisant une « petite impasse ».

Cette année plus que les précédentes, connaître l’ensemble du programme et être conscient des continuités et ruptures, et de la manière dont s’articulent les chapitres les uns par rapport aux autres est primordial : cette année, les sujets seront transversaux et pourront concerner plusieurs chapitres dans un même énoncé, à la différence de ceux que vous trouverez dans les annales. L’exemple donné par Sciences Po est le suivant : « Les régimes totalitaires de l’entre-deux-guerres sont-ils nés de la Première guerre mondiale ? ». Remettez-vous, ça ne craint pas autant que vous le pensez. Selon Sciences Po, l’objectif recherché avec cette réforme est « d’inciter les candidats à penser leur composition comme une démonstration organisée venant répondre à une question posée, et de tenter d’éviter la récitation de fiches thématiques toutes préparées. » Cette épreuve vise à évaluer, en-dehors de l’acquisition des connaissances relatives au programme, les capacités d’analyse, de réflexion et de problématisation d’un sujet par les candidats, ainsi que l’organisation de leurs connaissances en un plan pertinent et cohérent. Pour cerner les attentes et connaître les écueils de vos prédécesseurs, les rapports de correction sont aussi disponibles sur le site des Admissions. Il y a cependant des attentes plus générales à connaître.

 

Deuxième étape : qu’attend-on de moi et de ma copie ?

  • Le travail d’analyse de sujet, indispensable pour trouver une problématique pertinente. Lorsque l’on vous soumet un sujet, il faut dans un premier temps le délimiter chronologiquement et géographiquement. Puis, convoquer vos connaissances sur les chapitres concernés et essayer de déterminer le rapport établi entre eux par le sujet. Opposition, comparaison, causalité…. Il faut interroger le sujet et se demander quel est son intérêt. La problématisation intervient seulement une fois que le sujet est décortiqué et que vous en avez extrait tous les enjeux. La problématique va vous permettre, à travers un fil conducteur, d’exposer ces enjeux, de montrer l’intérêt du sujet. En un mot, il faut montrer au correcteur que la question que vous posez est absolument fondamentale et qu’il ne peut survivre sans lire votre copie jusqu’à la dernière ligne car elle va répondre à cette question.
  • Un développement analytique, jamais descriptif. Tout est dit. Tant que vous serez dans la description, autant mettre « cf. Berstein & Milza » à la suite de la problématique. Ce qui intéresse les correcteurs, ce n’est pas d’avoir un remake du cours qu’ils répètent inlassablement depuis des dizaines d’années, mais d’avoir à lire VOTRE analyse, de trouver dans votre copie une réflexion menée du début à la fin, qui le surprendra, le séduira, le ravira. Ou au moins, une réflexion qu’il trouvera intéressante et pertinente. Si votre problématique est correctement formulée, elle vous permettra de ne pas tomber dans la description et d’être davantage dans l’explication, la démonstration. Lorsque vous écrivez, demandez-vous constamment : « que suis-je en train de démontrer ? ». En vous lisant, le correcteur doit voir votre cheminement de pensée, il doit comprendre par quelles réflexions vous êtes passés pour en arriver à la conclusion.
  • Un travail complet et fini. Evident ? Pas vraiment. On oublie de mentionner une date ou un événement très important, alors on met un astérisque alors qu’on sait que les correcteurs détestent ça. On s’emballe dans l’écriture de sa première partie, on bâcle sa deuxième, on écrit une ligne pour la troisième et on rédige une conclusion hasardeuse, voire pas de conclusion. Autre scénario : la composition tombe sur votre sujet de prédilection, vous ne voyez plus le temps passer, et il vous reste 20 minutes pour traiter l’étude de documents. Attention donc au temps, rédigez votre conclusion au brouillon avant de passer au propre, quitte à la modifier plus tard. Prenez le temps de penser à ce que vous écrivez, ne recopiez pas mécaniquement votre brouillon, cela vous permettra d’éviter d’oublier des éléments.

 

Troisième étape : « Bon, j’ai compris ce que je dois faire le jour J. Mais en attendant, je révise comment ? »

Voici quelques conseils pour réviser efficacement, que chacun doit adapter à sa manière car nous avons tous différentes méthodes de travail. Si les fiches, ce n’est pas trop votre truc, ne vous forcez pas, trouvez la technique qui vous convient le mieux et adoptez-la sans tarder !

  • Prendre le programme de l’épreuve, réviser par chapitres en les rayant au fur et à mesure.
  • Ne pas revenir sur les chapitres rayés tant que les autres ne sont pas terminés, simplement relire ses notes dessus une fois par semaine.
  • Essayer de construire des ponts entre les chapitres, ne pas les traiter uniquement individuellement, du fait du caractère transversal de l’épreuve. Toujours s’interroger, être curieux, se poser des questions pour anticiper les sujets, pour comprendre par exemple comment et pourquoi nous sommes passés de la fin de la Seconde Guerre mondiale à la Guerre froide, ou pourquoi les femmes se sont émancipées à cette période en particulier.
  • S’entraîner à l’analyse de sujet et de documents, ainsi qu’à la problématisation.
  • Avoir bien en tête pour chaque chapitre les notions-clés, les personnages importants, la chronologie et les événements marquants : inutile d’engranger des connaissances inutiles qui vous encombreront.

 

Quels outils de travail ?

  • Un manuel d’histoire correspondant au programme de 1re: cela vous permettra d’avoir les grandes lignes de chaque chapitre, avec des résumés concis qui vous permettront de garder en tête le « squelette » du chapitre. Le manuel est aussi très utile pour s’entraîner à l’analyse de documents : prenez des documents au hasard, et un par un essayez d’en tirer un maximum d’information et d’apporter des connaissances pertinentes pour une analyse.
  • Une fois que vous avez le squelette en tête, il faut l’agrémenter de quelques détails. Pour ce faire, inutile de multiplier les sources : le site lycéeadultes.fr fournit des cours assez synthétiques, et une pléthore d’ouvrages spécialisés vous permettront d’étoffer vos connaissances. Au total, trois ouvrages généraux sont un maximum, que vous pouvez compléter avec des sources plus spécialisées pour approfondir un chapitre.
  • Les Berstein & Milza : pour ou contre ? Ces livres sont des incontournables des cours d’histoire, mais pour le concours, ils ont le défaut de leur qualité : l’exhaustivité. Dans le tome sur le XIXe siècle, on peut lire que Napoléon avait eu des calculs rénaux. Bon. Les dates de batailles sont sans doute plus importantes. Ces livres sont très précis, or une composition de 2h30 ou 3h suppose d’être concis. On ne peut pas tout dire en 2h30. Les correcteurs le savent, c’est pourquoi l’analyse importe ici beaucoup plus que l’exhaustivité. Les Berstein & Milza sont à la préparation du concours ce que sont les dictionnaires à la langue française : lorsqu’on a un doute ou que l’on souhaite approfondir un sujet très spécifique, on est amené à les consulter.

 

En un mot : ne vous dispersez pas, choisissez votre méthode de travail et essayez de vous y tenir.

En réfléchissant, en apprenant, en analysant, vous allez découvrir que l’histoire, c’est bien plus que des dates apprises par cœur : c’est une succession d’événements tous intrinsèquement liés les uns autres et qui sont tous passionnants à étudier.

Ayez confiance en vous et en vos connaissances, l’épreuve d’Histoire s’affronte et se surmonte !

Léa S.

 

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98 réflexions sur “L’épreuve d’histoire

  1. Eva dit :

    Bonsoir,
    On m’a dit qu’il était nécessaire de ficher tout le livre de Serge Bernstein et de Milza. Je trouve cela très exagéré! Peut on recouper notre cours avec certains exemples de ces ouvrages par exemple?

    • Lucie - SOSciences Po Communication dit :

      Bonsoir Eva, il n’y a pas de « on doit », il faut faire à ta manière et selon ce qui te permet d’apprendre le mieux ! 🙂 Recouper ton cours avec des exemples et des références, avec plus de faits, plus d’analyses, est parfait. Tu peux aussi utiliser d’autres livres que les Bernstein & Milza, notamment des livres plus analytiques. Bon courage !

  2. Marianne dit :

    Bonjour,
    je fais des fiches d’histoire en vue du prochain concours d’entrée à Sciences Po et je ne sais pas sur quoi me baser pour les faire ! En effet, faut-il que j’organise mon plan en prenant exemple sur une très bonne copie que Sciences Po met en ligne sur son site et que je rajoute des détails avec le Berstein et Milza ou alors que je prenne mon cours de première (par forcément très complet) ?
    Merci d’avance pur votre réponse.

    • Lucie - SOSciences Po Communication dit :

      Bonjour Marianne, tout dépend de toi et de ta manière d’apprendre ! Est-ce que des cours que tu as pris toi-même te sont plus facile à mémoriser ? Ou est-ce que lire des copies de Sciences Po te parle davantage ? Il n’y a pas de recette miracle pour faire des fiches, il faut chercher et trouver ce qui fonctionne le mieux pour soi 🙂

  3. Joffrey dit :

    Bonjour,
    Au vue des annales et du programme d’histoire, ne faut-il pas s’attendre à ce que le programme change d’ici un an ou deux? Et si un tel changement était à envisager, quand cela sera-t-il rendu publique? (je suis en seconde et je prépare déjà activement alors je balise un peu, beaucoup, sur les thèmes à préparer…).
    Merci pour tout

    • Lucie - SOSciences Po Communication dit :

      Bonjour Joffrey, si le programme doit changer, vous en serez sans doute informés à la rentrée de septembre ou quelques mois avant. Nous n’avons pas davantage d’informations malheureusement. Dans tous les cas, il est peu probable que le nouveau programme (si nouveau programme il y a) soit très différent du programme actuel, donc ta préparation ne sera pas perdue ! Bon courage !

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