Le bicursus Lettres

Quand on essaye un peu d’imaginer ce qu’est la vie d’un bicu Sciences Po/Lettres, ça donne un truc comme ça :

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Passée cette image terrifiante, il faut admettre quelque chose : en bicu, on doit apprendre à s’adapter : quand on enchaîne dans une même journée exercices de microéconomie et commentaire composé, il faut savoir être organisé.

Le moment est venu de rompre un grand cliché : le volume horaire est tout à fait raisonnable. Nombreux sont les bruits qui courent sur de prétendues 40 heures de cours par semaine, des nuits de 4 heures, des suicides collectifs. C’est faux. Le rythme est soutenu, certes, mais le volume de cours varie entre 25h et 30h par semaine en fonction des options. En revanche, le travail personnel requis est parfois un peu gigantesque (surtout au mois de novembre quand tu jongles entre un exposé de culture antique, un d’institutions politiques, une interro d’histoire et les partiels à réviser). En ce qui concerne l’engagement personnel, le sport, la vie en-dehors des cours, tout reste possible : il faut simplement savoir s’organiser et être efficace. Voici un exemple d’emploi du temps assez standard, au premier semestre :

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… et au second semestre :

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Comme tu peux le constater, si cette formation permet d’acquérir à la fois le diplôme de Sciences Po et celui de Sorbonne Université, les étudiants de bicursus suivent un emploi du temps aménagé, à raison d’environ 9h par semaine à la Sorbonne, et une quinzaine d’heures à Sciences Po.

Côté Sorbonne, le contenu d’une licence de Lettres basique a été condensé et simplifié, pour se répartir en trois modules par semestre. Peut-être l’intitulé « grammaire » t’a-t-il effrayé. Rassure-toi mon petit, il ne s’agit pas de propositions subordonnées conjonctives complétives ou autres fantaisies que tu as vu à 13 ans en Cinquième avec Mme Gertrude, ta vieille prof de français de l’époque. C’est une matière qui est technique parfois, mais souvent passionnante où l’on apprend essentiellement le pourquoi de notre belle langue qu’est le français. Pour la culture antique, aucun besoin d’être bilingue en grec ou en latin, il ne s’agit pas de cours de langues, mais de civilisation et d’étude des textes EN FRANÇAIS. Sache toutefois que l’emploi du temps présenté ici est celui d’une étudiante en lettres modernes. Si tu souhaites continuer (ou commencer !) l’étude des langues anciennes, tu peux également postuler pour le bicursus en lettres classiques. Tu suivras alors exactement les mêmes cours que les étudiants en lettres modernes, auxquels s’ajouteront deux heures de latin, et deux à trois heures de grec, selon ton niveau. Les cours de littérature portent quant à eux sur deux à quatre livres, dont nous n’étudions que certains passages (non, les profs ne te demanderont pas de lire tout le XIXème siècle en un semestre) !

Côté Sciences Po, là aussi, l’emploi du temps des bicursus (tant en lettres qu’en Histoire ou en philo) a été allégé. Exit le cours d’Humanités Politiques, la LV2, ou encore le cours de mathématiques du premier semestre et le séminaire du second semestre. Restent donc les cinq matières fondamentales (Institutions Politiques, Economie et Histoire du XIXe au premier semestre, puis Sociologie et Sciences Politiques au second semestre), ainsi qu’un atelier artistique au second semestre, et une langue vivante tout au long de l’année. Au total, tu peux compter une bonne quinzaine d’heures de cours, dont le contenu est exactement le même que celles suivies par les “monocursus” ! Si certains regrettent cet emploi du temps écrémé, il faut reconnaître qu’il nous soulage tout de même de quelques heures, et évite au maximum les conflits horaires.

Le bicu lettres, c’est beaucoup d’investissement personnel, des petites déprimes parfois, des moments où l’on doute beaucoup. Mais l’énorme avantage est d’appartenir à quatre familles : la famille Sciences Po, la famille SPIV, la famille lettres, et la famille triplette. On tisse des liens partout et l’on rencontre des gens avec qui l’on passe beaucoup de temps, en soirée comme en préparation d’exposés. Ce bicu est une occasion unique d’avoir une culture générale étendue et orientée vers les lettres, et aussi d’avoir deux diplômes, ce qui n’est pas un argument négligeable. Alors même si l’on a beaucoup de travail et que l’on peut parfois être lassés, lorsqu’on sort d’un cours passionnant de littérature ou d’institutions politiques le sourire aux lèvres parce que l’on a senti qu’on a appris quelque chose, que l’on s’épanouit intellectuellement, bref, quand l’on se sent au bon endroit, on se dit que ce bicu vaut bien quelques sacrifices.

A.E. et M.B.

 

PS : Cet article, s’il s’est voulu le plus exhaustif possible, a forcément oublié certaines de tes interrogations. N’hésite pas à prendre contact avec l’association SPIV si tu manques d’information, et à liker sa page Facebook pour ne manquer aucun des événements que propose l’association (portes ouvertes ou oraux blancs). Tu peux également remplir le formulaire de constitutions de binômes que tu trouveras sur la page de SOS Sciences Po, en précisant que tu postules pour le bicursus, ou encore poster un commentaire sous cet article. C’est toujours avec plaisir que nous répondrons à tes questions, n’aie pas peur de nous déranger 😉

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25 réflexions sur “Le bicursus Lettres

  1. Alice dit :

    Bonjour,
    Je voudrais savoir si canditater au bicursus lettres classiques / IEP nécessite d’intégrer à notre dossier une ou plusieurs lettres de recommandation.
    Merci,
    Bonne journée

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