Les IEP du concours commun

Les IEP de région : 

Sciences Po, ce n’est pas « que » Paris : il existe également sept autres Instituts d’études politiques en France. Ces IEP de région ne sont pas à confondre avec les campus de Sciences Po Paris (présents au Havre, à Reims, à Dijon, à Menton, à Nancy et à Poitiers) : il s’agit d’écoles à part, indépendantes de l’institut parisien. Ce sont les IEP de Bordeaux, de Grenoble, d’Aix-en-Provence, de Lille, de Lyon, de Strasbourg, de Rennes, de Toulouse et de Saint-Germain-en-Laye.

Intégrer un IEP de région en première année : 

Parmi ces 9 Instituts d’études politiques, 7 ont mis en place un concours d’entrée commun en première année (tous, à l’exception de ceux de Bordeaux et de Grenoble). Un concours commun d’entrée en deuxième année existe également, organisé par les même IEP à l’exception de celui de Saint-Germain-en-Laye, qui ne l’intègrera qu’en 2017. Enfin, certains des IEP de région organisent individuellement un concours d’entrée en quatrième année, comme ceux de Lyon et d’Aix-en-Provence.

Le concours commun d’entrée en première année ne comporte qu’un tour d’admission (il n’y a pas d’épreuve d’admissibilité comme à Sciences Po (Paris)), constitué de trois épreuves écrites, qui se déroulent lors de la même journée.

D’abord, une épreuve d’histoire, d’une durée de 3 heures, et portant sur la période 1945 à nos jours. Un seul sujet est disponible le jour du concours, portant généralement sur les thèmes de la construction européenne, de la Guerre Froide, de la France, de la Décolonisation…

Ensuite, une épreuve dite de « questions contemporaines », qui s’apparente un peu aux anciennes épreuves de culture générale du cursus de Sciences Po : il s’agit d’une dissertation à rédiger sur des sujets très vastes et assez libres d’interprétation. Deux grands thèmes sont donnés à l’avance par les organisateurs du concours commun (« le sport » et « la religion » en 2012, « la science » et « la justice » en 2013, « le travail » et « la culture » en 2014, « la mondialisation » et « la famille » en 2015…). Le jour de l’épreuve, deux sujets sont disponibles, portant chacun soit sur un des deux thèmes, soit sur les deux thèmes à la fois. Les deux sujets peuvent également porter sur le même thème.

Enfin, une épreuve de langue vivante, au choix du candidat. Il s’agit là de questions sur un texte portant sur un thème d’actualité, avec la fin une rédaction d’un essay.

Petite particularité : les épreuves de questions contemporaines et de langue vivante ont lieu en même temps. En effet, les sujets de ces épreuves vous sont donnés en même temps, et vous disposez de 4 heures et 30 minutes pour traiter les deux épreuves. Il faut donc savoir bien gérer son temps entre les deux ! On conseille souvent d’utiliser 3 heures pour l’épreuve de questions contemporaines, et de garder 1 heure 30 pour l’épreuve de langue.

Un peu plus de 1000 places sont disponibles pour ce concours chaque année. Il y a tous les ans environ 12 000 candidats qui le tentent, et ce nombre augmente chaque année !

Un nombre limité de places est à pourvoir également par le biais de la procédure du dossier : un élève peut envoyer son dossier scolaire aux IEP du concours commun. Ceux-ci vont alors être examinés, et les élèves possédant les meilleurs dossiers vont alors être admis directement, sans avoir besoin de passer les épreuves. A noter qu’un même candidat peut s’inscrire la même année pour les deux procédures, celle sur dossier et celle sur concours.

Ce concours commun d’entrée en première année est ouvert aux bacheliers de l’année en cours, et aux bacheliers de l’année précédente. Ainsi, le concours de 2014 était ouvert aux bacheliers de 2014 et à ceux de 2013. Il se déroule à la fin du mois de mai.

Les IEP de Bordeaux et de Grenoble, eux organisent chacun leur propre concours, indépendamment des autres instituts.

Le rapport du jury du concours commun 2013 : http://www.sciencespo-concourscommuns.fr/IMG/pdf/rapport_du_president_du_jury_2013.pdf

Intégrer un IEP en deuxième année : 

Un concours commun d’entrée en deuxième année existe également. Il rassemble les mêmes instituts que ceux du concours commun d’entrée en première année, à l’exception de celui de Saint-Germain-en-Laye. Entre 200 et 240 places sont disponibles pour ce concours, qui a lieu à la fin du mois de mars. Ce concours est uniquement ouvert aux étudiants ayant validé ou étant en train de valider au moins 60 crédits ECTS. Ceux qui en ont validé plus peuvent candidater également. Ce qui veut dire qu’il faut au moins avoir un bac + 1 pour tenter ce concours. Il faut noter que rien n’empêche un étudiant de première année en université de s’inscrire à la fois au concours d’entrée en deuxième année, et à celui d’entrée en première année, s’il a obtenu son bac l’année précédente.

Là aussi, pas d’épreuves d’admissibilité, mais seulement trois épreuves d’admission : une épreuve de questions contemporaines et une de langue, qui sont très similaires à celles du concours d’entrée en 1ère année. La troisième épreuve est une épreuve de spécialité : le candidat choisit une matière dans laquelle il devra rédiger une dissertation en trois heures.

Les quatre matières disponibles sont : histoire, économie, science politique, et droit constitutionnel.

Intégrer un IEP en quatrième année :

Chaque institut d’études politiques organise son propre concours d’entrée en quatrième année. Les modalités sont donc différentes pour chaque IEP. Cela veut dire également qu’il faut passer des épreuves différentes pour chaque IEP, alors que dans le cas des concours communs, une seule série d’épreuves permet de candidater dans tous les IEP en même temps.

Le cursus des IEP de région : 

Le cursus des IEP de région ressemble assez à celui de Sciences Po (Paris). On y étudie à peu près les mêmes matières, les sciences sociales : science politique, histoire, économie, droit, sociologie, relations internationales…

Comme à Sciences Po, les deux premières années sont des années aux enseignements très généraux, qui visent à donner aux étudiants une bonne culture générale et des éléments qui leur permettent de réfléchir sur plusieurs plans différents. Les matières étudiées sont donc assez nombreuses.

Comme à Sciences Po, la troisième année doit obligatoirement s’effectuer dans un pays étranger, en université ou en stage.

Comme à Sciences Po, les étudiants doivent choisir un master pour leurs quatrième et cinquième année. L’enseignement se fait alors plus précis afin de professionnaliser l’étudiant, de le spécialiser, pour lui permettre de s’insérer facilement sur le marché du travail à la sortie de l’IEP. Les étudiants de quatrième année doivent rédiger un mémoire et doivent passer la fameuse épreuve du « grand oral ». Ceux de cinquième année doivent obligatoirement effectuer un stage, qui a pour but de les amener vers cette professionnalisation.

Les cursus des IEP de région et de Sciences Po sont donc très similaires. Cependant, il est vrai que Sciences Po (Paris) possède généralement d’une meilleure réputation et des enseignements globalement de meilleure qualité que les IEP de région, même si les matières enseignées sont similaires.

Chaque IEP de région propose un grand nombre de masters très variés. De plus, via le processus de « mutualisation inter-IEP », un étudiant d’un IEP de région peut demander à changer d’IEP lors de son master, s’il désire étudier un master qui n’est pas proposé par son IEP, mais qui est proposé par un autre. Seuls les IEP du concours commun sont concernés par ce système : ceux de Bordeaux, de Grenoble, et bien sûr Sciences Po en sont donc exclus.

La liste des masters peut être consultée librement sur le site internet de chaque IEP de région (des liens vers les différents sites sont disponibles en bas de page).

A l’issue de sa scolarité, un étudiant en IEP se voit diplômé du Diplôme des Instituts d’Etudes Politiques, ainsi que du master qu’il a choisi.

La vie dans un IEP de région : 

Je parle ici en tant qu’étudiant à l’IEP d’Aix-en-Provence 🙂

La vie de tous les jours dans un IEP de région, c’est en général la bonne ambiance. Le concours, c’est du passé, aucune notion de concurrence n’est présente au sein des différentes promos. Pour cette raison, les étudiants ont tendance à fraterniser assez vite. Comme les promotions sont assez petites (environ 200 personnes), tout le monde se connait, au moins de nom. Il y a une grande entraide au sein des promotions : la plupart des cours sont postés sur Facebook par les étudiants sans même que quelqu’un ait à les demander (ce qui permet aux plus gros fêtards de sécher quelques cours de temps en temps, mais faut pas le dire).

La vie associative est très présente : des dizaines d’associations existent dans chaque IEP, gérées par les étudiants eux-mêmes (elles sont gérées en général par les étudiants de deuxième année). Elles proposent régulièrement aux étudiants des sorties ou des activités diverses : à Aix, des randonnées vers la Sainte-Victoire, des projections de films, des représentations théâtrales, des débats politiques sur des sujets déterminés sont très souvent organisées.

La vie étudiante est très riche également. Des soirées sont organisées régulièrement par les associations étudiantes, avec des thèmes divers, allant de la simple tournée des bars de la ville à la dégustation du beaujolais. Les étudiants eux-mêmes organisent également très souvent des soirées chez eux. Cela permet généralement de maintenir l’excellente ambiance qui règne dans les promotions, mais aussi entre les promotions. Cette vie étudiante commence généralement avec le WEI (le Week-End d’Intégration, un joli nom pour dire « bizutage », auquel vous aurez droit sans faute si vous décidez de rejoindre un IEP ^^) et termine avec le gala de fin d’année.

La vie sportive est également assez présente, le sport étant une matière obligatoire dans les IEP (ou au moins à celui d’Aix). Le Bureau Des Sports, ou BDS, organise cet aspect de la vie étudiante. Pour les sports les plus classiques, ce sont des étudiants de deuxième ou de quatrième année qui font office d’entraîneurs (on les surnomme les « manitous »). Il est possible cependant de pratiquer gratuitement une multitude de sports assez peu courants pour des étudiants, allant de l’escrime à la plongée sous-marine (là ce sont par contre des professionnels qui encadrent). Les IEP possèdent également leurs propres équipes sportives pour les sports collectifs, et des matchs sont régulièrement organisés contre les autres écoles locales, auxquels n’importe qui peut assister gratuitement (à Aix, la rivalité est ancestrale entre l’Institut d’Etudes Politiques et l’école des Arts et Métiers). Enfin, le Critérium inter-IEP rassemble une fois par an tous les IEP de France (si, si, même Sciences Po Paris !) pour une grande compétition sportive de trois jours.

La vie est bien sûr rythmée par ce pour quoi on est venu à la base : les cours ! Divisés en cours magistraux et en cours en travaux dirigés, ils sont comme on l’a dit très divers. Ainsi, chaque étudiant a souvent un petit nombre de cours qu’il déteste, mais a surtout toujours un grand nombre de cours qu’il adore. Les cours sont généralement très intéressants et apprennent aux étudiants beaucoup de choses sur des sujets variés : je considère personnellement que j’ai appris plus de choses en un semestre à l’IEP d’Aix-en-Provence qu’en trois années de lycée.

Chaque IEP possède sa propre bibliothèque, dans laquelle il est possible de trouver de très nombreux ouvrages afin de satisfaire son appétit intellectuel. Il s’agit à la fois d’ouvrages littéraires, et d’ouvrages universitaires. Celle de l’IEP d’Aix n’est pas très grande, mais nous au moins il y a toujours de la place pour s’y asseoir, contrairement à celle de Sciences Po Paris 😛

Etre dans un IEP, c’est aussi côtoyer tous les jours des étudiants internationaux, des étudiants étrangers venus étudier temporairement dans un IEP français. On rencontre ainsi tous les jours, au détour d’un couloir, dans son amphi, des étudiants venus d’Amérique du Sud, des Etats-Unis, de la Chine, de Russie, d’Asie Centrale, ou encore d’Australie, ce qui est bien sûr toujours très enrichissant.

Enfin, la vie dans un IEP est extrêmement enrichissante puisqu’on passe son temps à côtoyer des gens généralement très intelligents, venants d’horizons différents, et ayant souvent des opinions et des points de vue très divers. Toutes les opinions politiques sont en effet représentées au sein d’un IEP : du communisme à l’extrême-droite, en passant par le gaullisme ou même par le bonapartisme. On peut donc, tous les jours, refaire le monde avec des gens engagés, avoir de longs débats très intéressants avec des gens qui ne voient pas les choses comme nous, et ça au pied de la machine à café, avec des copains de promotion.

En clair, un IEP de région, c’est aussi bien que Sciences Po Paris ! Il ne faut pas se cacher que Sciences Po dispose d’une meilleure réputation mais étudier dans un autre IEP permet d’acquérir des compétences similaires dans un cadre similaire. 😉

Liens vers les sites internet des IEP de province : 

Aix : http://www.sciencespo-aix.fr/fr_FR/

Lille : http://www.sciencespo-lille.eu/

Lyon : http://www.sciencespo-lyon.fr/

Toulouse : http://www.sciencespo-toulouse.fr/

Strasbourg : http://www.iep-strasbourg.fr/

Rennes : http://www.sciencespo-rennes.fr/

Saint-Germain-en-Laye : http://www.sciencespo-saintgermainenlaye.fr/ 

Grenoble : http://www.sciencespo-grenoble.fr/

Bordeaux : http://www.sciencespobordeaux.fr/fr/index.html

 

Un bref aperçu des spécialités des IEP :

* Aix : Monde Arabe et langues rares

* Toulouse : Insertion Professionnelle et Gender Studies

* Lyon : Culture, International et Secteur Public

* Rennes : Collectivités territoriales, administratif

* Lille : International, Journalisme, Culture.

* Strasbourg : Europe, administration

* St Germain : Collectivités territoriales, Forts liens avec les universités partenaires.

Attention, il s’agit de grandes tendances, vous ne devez pas fonder uniquement votre choix/classement uniquement sur ces bases là, la proximité géographie, les liens avec l’Université, les langues proposées …sont autant d’autres critères importants.

Dans ces IEP, la mobilité s’effectue comme à Paris en 3ème année (seuls Bordeaux et Grenoble, les IEP ‘d’équilibre’ la propose en 2ème année).

Il faut savoir qu’un transfert d’IEP en master est envisageable selon votre motivation, ceux-ci ne fonctionnent que si la formation désirée n’est pas proposée, ces transferts fonctionneraient relativement bien entre IEP du Concours Commun. Il est cependant envisageable de demander un transfert vers un des deux IEP d’équilibre (Bordeaux ou Grenoble), mais pas vers Paris. De toute manière cela reste très marginal.

Par AB, http://ieppourtous2013.wordpress.com

23 réflexions sur “Les IEP du concours commun

  1. Ornella dit :

    Je suis un étudiant international habitant à Paris maintenant.
    J’ai une question.Pour prendre un diplôme en sciences politiques,
    1) Sciences Po de la région, Sinon,
    2) Université de Paris 1 et 2 en Département des sciences politiques,
    Lequel a l’avantage? ? en bref,Département de science politique de l’Université de Paris est l’endroit où aller est la personne qui rate à Sciences Po?
    comme la Sorbonne est plus (ou moins) meilleur que Sciences Po de la région ?
    laquelle est l’évaluation internationale ?

    • Lucie - SOSciences Po Communication dit :

      Bonjour Ornella,
      Je n’ai malheureusement que peu de connaissances sur les IEPs de région et sur la Sorbonne. Je dirais que Sciences Po est préférable pour des étudiants internationaux, car il y a beaucoup d’étudiants venant d’autres pays et de cours en anglais, c’est donc plus facile. Mais la Sorbonne est une très bonne université.

      • Ornella dit :

        Lucie
        Malgré mon mauvais français, merci de bien vouloir.
        Bien que la Sorbonne est célèbre,
        Néanmoins, IEP est une « Grande Ecole ».
        Comme vous l’avez indiqué,
        pour les étudiants étrangers peuvent être en mesure d’étudier dans un bon environnement. que l’Université de Paris.

  2. Lochon dit :

    Bonjour! Peut-on changer d’IEP de Province après une première année ? (Par exemple passer de Strasbourg à Rennes pour une 2A). Question qui n’a juste là pas trouver de réponse. Merci d’avance pour les renseignements

  3. Philippe dit :

    Bon déjà, quand j’ai lu « Province » au lieu de « Régions », j’ai eu peur. Puis le contenu de l’article, le ton, la franchise, l’analyse…bien.
    mais finir là-dessus….. »En clair, un IEP de province, c’est aussi bien que Sciences Po Paris, sauf qu’on est un peu plus facile d’accès en échange d’un niveau un peu moins bon et d’une moins bonne réputation « . Patatras…et ça recommence….cette dévalorisation systématique qui est de moins en moins avérée…Ouvrez les yeux. Concours aussi difficile, cursus identique. Seule différence : les moyens financiers, Paris étant généreusement aidé par l’Etat.

    • Lucie - SOSciences Po Communication dit :

      Bonjour Philippe, Merci pour ton commentaire. Sache tout d’abord que l’article a été écrit par une étudiante de l’IEP d’Aix – ce qui nous semble logique puisqu’un étudiant de Paris serait mal placé pour écrire sur les IEPs de région. Il n’y a donc pas de « dévalorisation systématique » de la part de Paris sur ce site. Les étudiants de cette association sont loin de critiquer les IEPs de région et nous encourageons d’ailleurs les partenariats avec eux. D’ailleurs, moi par exemple, j’ai eu Paris mais pas le concours commun ! Ceci étant dit, à la lecture de l’article, il est vrai que certaines formulations peuvent sembler condescendantes vis-à-vis des IEPs de région. Elles ont été modifiées pour ne pas porter à confusion. Bonne journée !

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