Le jour où j’ai su que j’étais prise à ScPo

* “Et j’ai crié, criéééÉÉÉÉééé…”

Non pas “Aline” comme le veut la chanson, mais « hallelujaaaah ! », en voyant mon nom sur la liste définitive des admis à Sciences Po. Autant prévenir : l’attente paraît insurmontable. Pour le cru 2013, elle l’était un peu moins puisque les résultats ont été publiés en temps et en heure le jour J.

5 juillet : 5h30 : après plusieurs heures de tourne et retourne dans mon lit, je décide finalement de me lever.

8h : premier checkpoint sur le site de sciences Po, sans grand espoir

8h30 : deuxième réactualisation (on ne sait jamais !)

9h : allez c’est reparti pour un tour !

9h50 : la tension est à son comble…

9h57 : viol de la touche F5

10h : toujours rien : mais qu’est-ce qu’ils foutent, bordel de merde ???

10h05 : la liste apparaît enfin, dans son petit habit rouge souligné, parmi les précédentes, il ne reste plus qu’à la télécharger…

10h10 : j’avais omis un petit détail charmant : nous ne disposons pas du très haut débit dans la campagne basque d’Ustaritz dont je suis originaire et le site est surchargé. Alors oui, la liste est là, sous mes yeux (avec mon nom ou pas ??), mais elle reste désespérément blanche avec pour seul contenu un petit rond qui tourne en rond (normal) et qui me fait subir le même sort !

10h20 : Idem, quelques noms apparaissent de-ci, de-là mais pas aux endroits qui m’intéressent. Un petit tour par le petit-dèj pour patienter ?

10h31 : MIRACULUM !! Un membre (Clément, je te bénis jusqu’à la nuit des temps, encore merci !) du fabuleux groupe Facebook de Marion Germa a publié une copie de la liste sur la page. Celle-ci se charge en un rien de temps.

10h35 : Après avoir dévalé à fond la caisse la liste de Paris au Havre, je tombe nez-à-nez avec moi-même sous « Reims ». Éberluée, époustouflée, estomaquée… Le sentiment est indescriptible. Ah si ! Le sortilège « Stupéfix » de ce très cher Harry, ça vous dit quelque chose ? Bin oui, c’est ça, exactement ça !! Mais alors, Dieu que les effets secondaires sont bons ! Lorsque l’on reprend conscience et que l’on redescend sur terre, là, c’est du bonheur à l’état brut…

* Flashback

Pour tout vous dire, avant le résultat, cette place à Sciences Po, je n’y croyais plus vraiment.

J’avais déjà pris l’ascenseur émotionnel à la vitesse de la molette de ma souris une première fois, au mois de février, en découvrant que je faisais partie de la liste des candidats admissibles sur dossier et donc dispensés d’épreuves écrites. Dès ce moment là, j’ai changé mon fusil d’épaule et me suis concentrée à fond sur l’oral. Amis (réels ou Facebook), connaissances, professeurs, bénévoles, famille, entourage… C’est fou le nombre de personnes qui sont prêtes à vous aider pour une telle épreuve (cherchez bien : vous aussi vous allez trouver et dans 99% des cas c’est gratuit et purement altruiste). Grâce à toutes ces bonnes volontés, j’avais effectué des dizaines d’oraux et de retours avec critiques et conseils sur mes prestations. Alors oui, le jour J (mardi 4 juin 2013), on peut dire que je me sentais prête. Je

suis entrée dans les magnifiques locaux de la Rue de l’Université avec un cocktail Molotov de hâte, de curiosité, de stress et de confiance.

Les candidats et les gens ne se parlent pas. Oui mais moi, je viens du Sud et je suis très bavarde et curieuse alors ces 3 jeunes filles mortes de stress à côté de moi deviennent vite mes camarades de conversation dans l’attente.

Les jurys –une prof d’histoire-géo et une responsable de l’administration de l’IEP de Paris – sont ponctuelles. Et puis tout démarre sur les chapeaux de roue. Présentation personnelle puis questions-réponses. Elles sont agressives, pas souriantes et rebondissent sur tout ce que je dis. L’entretien prend une tournure que je n’avais jamais imaginée. Elles se concentrent sur la région où j’ai suivi la majorité de ma scolarité : le Pays Basque, son histoire, ses grands évènements et ses revendications… Je ne lâche rien et garde le sourire mais suis tout de même très surprise (déstabilisée ?) de cette orientation. J’ai appris le basque pendant 4 ans au collège et je m’intéresse à la région où je vis mais je ne suis pas basque !! Elles n’en démordent pas. La conversation finit par basculer sur des terrains où je me sens plus à l’aise : le journalisme, les Etats-Unis, Gandhi, les politiques de justice sociale, mon engagement auprès des personnes âgées… Malgré une énième question sur le Pays Basque, l’oral se termine sur une bonne note. Après la question : « Pour ne pas repartir frustrée de cet entretien, de quoi aimeriez-vous parler et que nous n’avons pas encore abordé ? ». Je choisis de parler de la vie associative de Sc Po Reims (mon premier vœu), du RIMUN, et d’un projet autour de la cuisine que j’aimerais mener là-bas. « Ah, ça c’est original ! » : premier sourire de la prof d’histoire-géo… Il aura fallu 25min et la fin de l’entretien pour que ledit arrive enfin.

A la sortie, ma mère m’attend dans un café et me prend dans ses bras à la vue de ma mine déconfite (pas les chutes du Niagara mais presque). Avec du recul, on analyse les choses différemment mais sur le coup ça a été dur, très dur… J’en étais persuadée : j’avais été mauvaise, mes réponses ne les avaient pas convaincues et elles m’avaient prise pour une indépendantiste basque. D’où mon manque d’espoir au matin du 5 juillet…

* Dénouement

Alors en découvrant mon nom sur la liste de Reims, j’étais extrêmement surprise et heureuse. Quand on y repense, ça paraît si stupide d’être aussi content simplement en lisant son prénom et son nom en lettres majuscules sur une liste. Mais cette seconde venait effacer des mois de stress et d’insomnies dus à la peur de se retrouver en prépa. Cette seconde venait récompenser d’innombrables heures de travail. Cette seconde ouvrait un monde d’inconnus et d’opportunités. Cette seconde restera à jamais inoubliable.

CB

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18 réflexions sur “Le jour où j’ai su que j’étais prise à ScPo

  1. instinctdestin dit :

    Je viens de vivre la même chose en apprenant que j’étais prise sur le campus de Reims (mon premier voeu). J’avais été déclarée admissible sur dossier en février et je crois que je n’avais jamais ressenti une telle joie en voyant mon nom. Mais là, quand j’ai vu mon nom, aucune émotion, juste le choc… J’étais tellement persuadée d’avoir foiré mon entretien que j’avais complètement fait le deuil de Sciences Po, j’étais passée à autre chose. Pour l’instant, je n’en reviens toujours pas mais je tenais quand même à vous remercier. Si j’ai été prise, c’est grâce à vous, à vos listes de questions, à votre programme d’aide avec les étudiants. Merci pour tout !

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