Présenter Sciences Po en situation de handicap

Car être atteint de handicap est un facteur récurent de censure pour les lycéens dans la poursuite de leurs études, SOSciencesPo s’engage, au travers de témoignages et d’articles, à rendre compte de la vie et du parcours des étudiants en situation de handicap au sein de notre école.

Être en situation de handicap et être à Sciences Po, c’est possible! C’est ce que nous raconte ici Quentin :  

Je m’appelle Quentin, j’ai 19 ans et suis en deuxième année au programme Euro-Américain de Reims. Je suis atteint depuis la naissance d’une hémiparésie droite (mobilité réduite sur tout le côté droit et puissance musculaire fortement diminuée par rapport à la normale).

Si ce handicap a façonné mon quotidien, il s’est bien sûr révélé d’autant plus problématique dans ma scolarité. Etant droitier de naissance, j’ai dû apprendre à écrire avec ma mauvaise main par exemple, ce qui affecte la qualité de mes travaux. Je fatigue rapidement, et en plus de ressentir des douleurs musculaires, mon écriture devient rapidement illisible. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai toujours eu besoin d’aménagements au collège, au lycée et maintenant à Sciences Po. Dans mon cas, j’ai droit à un tiers temps et un ordinateur avec logiciel de traitement de texte.

Bien que je sois habitué depuis longtemps à composer avec mes aménagements, j’appréhendais nécessairement les études supérieures. Serais-je autorisé à conserver ces aménagements ? Si non, allais-je être capable de les poursuivre correctement sans mon aide supplémentaire ? Ces questions m’inquiétaient, car en dépit d’une bonne réussite scolaire, je la savais tributaire de ces aménagements. En particulier, je savais vouloir faire Sciences Po depuis ma classe de seconde. J’ai préparé le concours longuement en amont (indépendamment de mon handicap), mais cette appréhension au sujet de mon intégration académique demeurait naturellement. J’étais bien loin de penser que cette intégration serait en réalité assez aisée.

Je craignais d’abord pour le concours. Effrayé, comme tout le monde, et contraint de le passer, je ne pensais pas pouvoir réussir sans aménagement. Heureusement, Sciences Po met à notre disposition tous les moyens nécessaires à ce que ce concours se passe de la manière la plus équitable possible pour chacun. Bien sûr, il a fallu fournir des pièces administratives au moment de composer le dossier, mais cela est dérisoire sachant que cela m’a permis de passer le concours avec succès dans les conditions dont j’avais besoin pour corriger mes faiblesses naturelles. Le pôle handicap m’a même contacté à plusieurs reprises pour être sûr de mes besoins et des solutions à apporter. Malgré la difficulté de l’épreuve et le stress qui y est lié, j’ai été très rassuré par l’administration sur son déroulé, ce qui a été un soulagement énorme. J’ai même été placé seul dans une salle sans l’avoir demandé ! Je peux vous assurer qu’esquiver l’ambiance austère de Villepinte n’a pas joué en ma défaveur. (J’avais demandé à passer le concours à Nancy, ce que je vous recommande à la vue des conditions idéales dans lesquelles j’ai été placé).

Au sujet de l’oral, je n’avais aucun besoin particulier.  Néanmoins, l’administration m’a à nouveau contacté plusieurs fois, à même une semaine de l’épreuve, pour s’assurer que je n’aurais besoin de rien. J’ai vraiment apprécié cette spontanéité réconfortante et rassurante. Cela m’a aussi rappelé que Sciences Po, malgré la difficulté, ne nous veut pas de mal et est là pour notre réussite. Cela m’a apporté beaucoup de sérénité de savoir qu’ils veillaient sur moi de cette manière.

Après mon admission, j’ai retrouvé cette même bienveillance. Le pôle handicap est resté à mon écoute les quelques semaines avant mon entrée à Sciences Po. Il s’est voulu très rassurant, et m’a donné absolument toutes les informations dont j’avais besoin. J’ai pu ainsi renouveler mes aménagements et suivre ces deux premières années selon mes besoins de sorte que mon handicap ne soit pas un frein à mon apprentissage.

Etant habitué à souffrir de ma différence, je ne m’inquiétais pas tellement pour mon intégration « sociale ». Je m’attendais à être dévisagé par certains mais quand même me faire des amis, comme tout le monde. Bien que j’essaie d’exposer mon handicap le moins possible, j’ai été frappé par l’ouverture d’esprit dont les sciences pistes ont fait preuve à mon égard. Loin de m’accueillir avec anxiété ou incompréhension, ils ont tous été très réceptifs, très positifs, et ont tous insisté sur le fait que ça ne servait même pas d’en parler puisque socialement cela ne faisait aucune différence. Cela n’avait pas toujours été le cas dans mon enfance, et j’ai vraiment apprécié cet enthousiasme.

Je suis très épanoui à Sciences Po aujourd’hui vis-à-vis de mon handicap, et je pense que pour moi comme pour d’autres, il ne faut pas se stigmatiser ni appréhender Sciences Po de ce point de vue-là, l’école fera assurément tout son possible pour que tout se passe au mieux !

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