Février 2016 – Mathilde

Peux-tu te présenter rapidement ? 
 Mathilde, 21 ans, en première année du Master Politiques Publiques, après être passée par le campus euro-américain de Reims et une 3A à Boston University. Je suis « responsable communication » chez SOSciencesPo. En pratique, je m’occupe principalement de la newsletter et de modérer et répondre aux commentaires sur ce site !

Quel était ton parcours avant d’entrer à Sciences Po?
Une terminale S spé maths dans les Ardennes, et des cours de flûte en conservatoire, pour le plaisir. Pas de section euro, d’année d’échange en Nouvelle-Zélande, de parents bi-nationaux : a priori, la seule chose me pré-destinant à un campus anglophone était un abus de séries télé américaines !

Pourquoi voulais-tu y rentrer ?
C’est ma professeur d’histoire de seconde qui m’a parlé de Sciences Po. Au début je lui ai ri au nez : je pensais bêtement qu’il fallait avoir au moins un oncle ministre pour rentrer ! Et puis j’ai eu la chance de parler à une amie qui y était et ça m’a tout de suite paru plus concret. J’aimais beaucoup l’idée de ne pas se spécialiser tout de suite, de creuser plusieurs sciences humaines, d’avoir des débats sur des sujets d’actualité avec d’autres élèves et de se laisser le temps de trouver ce qui m’intéressait vraiment (ce qui a marché, ça m’a pris un semestre : les politiques d’éducation). Et plus particulièrement le campus de Reims, pour plein de raisons : c’était le plus proche de chez moi (une raison valable quand à 17ans, vous n’avez encore jamais quitté vos parents), le challenge de prendre tous mes cours en anglais pour la première fois de ma vie, rencontrer plein d’étudiants internationaux et bien sûr, passer ma 3A aux Etats-Unis ou au Canada !


Et à Sciences Po ? 

 La première semaine, j’avais plein de trous dans mes cours magistraux d’histoire et je les complétais à la pause déjeuner avec d’autres élèves francophones !. C’est comme ça, et au fil des exposés en groupe, que je me suis rapidement fais beaucoup d’amis. Je suis encore très proche de certains quatre ans plus tard ! C’était encore les débuts du campus de Reims, alors à 300 sur le campus, nous étions comme une grande famille très soudée. J’ai adoré les discussions passionnées sur tout et sur rien pour refaire le monde, le campus spirit, les « research papers » qui vous permettent d’explorer les sujets qui vous tiennent à coeur (les manuels scolaires américains avant 1830 et l’histoire des Kinder surprises, entre autre), les profs très accessibles… Ca a été très dur de quitter ce second chez-moi, mais heureusement, j’ai passé une 3A formidable à Boston, où j’ai pu à la fois prendre des cours éclectiques sur des sujets passionnants, et faire plein de petits voyages pour explorer la Côte Est. Vivre hors de France pour la première fois de ma vie a été une aventure inoubliable.
Aujourd’hui je suis en première année de master à Paris, où j’ai donc découvert la grisaille des métros, les lieux mythiques de Sciences Po comme l’amphi Boutmy, où j’ai plein de cours de droit public. Mes cours sont maintenant beaucoup ancrés dans le concret, le « professionnalisant », et même s’il y a beaucoup de travail, c’est très motivant.
Comment t’es venu l’idée de rejoindre SOSciencesPo ?
 Quand Marion a lancé le groupe Facebook permettant aux lycéens de poser leurs questions, j’ai trouvé l’idée excellente et j’ai tout de suite eu l’envie de m’impliquer plus, et notamment d’apporter des connaissances spécifiques aux système des campus délocalisés. Au moment de m’orienter en Terminale, ce qui m’a le plus aidé, c’était de rencontrer des étudiants lors des Journées Porte Ouverte (même si je n’ai pas pu aller à celle de Sciences Po). Comme tout le monde n’a pas la chance de pouvoir parler à un étudiant de Sciences Po directement, je voulais que SOSciencesPo puisse servir à ça.

Je suis restée parce que je trouve notre équipe formidable ! On s’entend très bien malgré la distance (nous avons des membres sur tous les campus, et partout dans le monde en 3A) et c’est très agréable de voir l’association s’agrandir au fur et à mesure.

 

Une anecdote d’admission amusante ?
Quand je suis sortie de l’oral, je savais que j’avais fait des erreurs (par exemple, j’avais oublié que « discrimination positive » se disait « affirmative action » en anglais, alors que j’avais moi-même orienté la conversation sur le sujet parce que j’avais fait un dossier dessus en ECJS), mais j’étais assez contente de moi. Je me suis dis que si j’étais prise, ça serait pour le « vrai moi » et que sinon, c’était que Sciences Po n’était pas fait pour moi. J’étais très soulagée, mais en revanche, ma maman a été horrifiée quand je lui ai raconté certaines de mes réponses (et notamment qu’être à Reims allait me permettre de rentrer chez moi tous les week-ends). Mes parents m’avaient beaucoup encouragé et je crois que c’était la première fois qu’ils étaient plus angoissés que moi ! Un renversement de situation assez amusant.

Si tu étais un cours à Sciences Po ?
 Pour le Collège Universitaire, France and England in Early America. C’était un cours passionnant qui se donnait aussi le temps de raconter l’histoire « par le petit bout de la lorgnette », par exemple en donnant le point de vue d’indiens Hurons sur le catéchisme forcé qu’ils recevaient des Jésuites. Avec un grand projet de recherche à la fin pour lequel on pouvait choisir le sujet de son choix.

Et en cours de Master : Gestion Publique Locale. C’est typiquement le genre de cours qui mélange  de la théorie (ici, juridique et économique) et l’expérience politique directe du prof, qui est aussi le maire de ma ville natale.

Si tu étais un morceau de musique ?

Ca dépend vraiment de mon humeur, mais  puisqu’on parle admission à Sciences Po, Celebrate, de Mika. J’ai beaucoup dansé dessus/sauté de joie/crié quand j’ai été admise. Depuis, il me redonne la pêche dans toutes les circonstances.

 

Un mot d’encouragement ou un conseil à tous ceux qui souhaitent tenter le concours cette année ?

 Pas d’auto-censure ! Et n’ayez pas peur d’être complètement vous-même. Inutile de se fondre dans un « moule science-piste » pour être admis, ça n’existe pas. Et quoi qu’il arrive, ça rendra vos échecs moins amers et vos victoires plus belles.