Octobre 2015 • Marion

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Peux-tu te présenter rapidement ? 
 Marion, 21 ans, fraîchement admise en master Politiques Publiques et fondatrice-présidente de SOSciencesPo – Aide & Conseils.

Quel était ton parcours avant d’entrer à Sciences Po?
Je suis une fille « de la campagne », ayant grandi dans un hameau de 300 habitants au milieu des montagnes grenobloises. Après un passage plutôt banal dans mon collège de secteur, j’ai décidé de partir en internat à Grenoble et d’entrer dans le seul lycée du département proposant la spécialité Musique. Je faisais plus de 10h de musique par semaine (du saxophone), c’était vraiment mon truc. Je suivais en parallèle l’option arts plastiques ; absolument rien à voir avec Sciences Po jusqu’ici.

Pourquoi voulais-tu y rentrer ?

J’ai découvert l’école un peu par hasard au moment de se poser la -difficile- question de l’orientation. Je suis depuis toujours (ou plus exactement depuis avril 2002, où à 8 ans je fabriquais des pancartes anti-Lepen avec du carton et des pelles de bac à sable) passionnée par la politique, le débat d’argumentation et la défense de l’égalité hommes-femmes, mais je me suis longtemps dis que ce n’était pas pour moi. Trop loin, trop fort, trop difficile à obtenir … J’ai tout fait pour ne pas m’y projeter, tout en commençant à travailler pour le concours dès le début de la première. Je ne m’autorisais pas vraiment à y croire, mais le « pourquoi pas moi ? » subsistait quelque part. Mes parents ne m’ont d’ailleurs pas vraiment conseillé de tenter le concours au départ … avant de changer d’avis après l’annonce de mon admissibilité. 

Et à Sciences Po ? 

La première semaine a été difficile, car je ne connaissais absolument personne, et que le monde du septième arrondissement parisien m’était on ne peut plus inconnu. Mais c’est très vite devenu une révélation ; j’ai rapidement senti que j’avais fait le bon choix. Les deux premières années sont passées à une vitesse incroyable, et j’en ai profité pour m’engager dans pas mal de projets (en deuxième année, j’étais active dans 4 associations). Le début de ma 3A a été vraiment difficile, car j’avais fait le choix du stage, et j’ai eu beaucoup de mal à en trouver un (et c’est un euphémisme …). Par un heureux hasard, je me suis finalement retrouvée à Londres fin octobre, au sein du plus gros fonds d’investissement européen. Encore une fois, tout sauf mon monde ! Mais j’ai ainsi eu durant ces 8 mois l’occasion de défaire certains de mes préjugés, d’en confirmer d’autres, et surtout de beaucoup évoluer. L’expérience n’a pas été évidente (j’ai perdu 6 kilos les deux premiers mois), mais s’est avérée formidablement formatrice.
Je ne suis pour le moment qu’au tout début de mon master, mais les cours sélectionnés me semblent passionnants, j’ai hâte de voir la suite.

Comment t’es venu l’idée de fonder SOSciencesPo ?

Dans la mesure où presque personne au sein de ma famille (et surtout pas moi) ne croyait en mes capacités de réussite (même si mes parents crient aujourd’hui à l’hérésie quand je leur rappelle leur état d’esprit de l’époque), j’évitais d’en parler, et je révisais de façon très solitaire. Je me souviens avoir cherché en vain sur Facebook et internet un quelconque groupe d’aide, et m’étais alors fait la promesse de créer une structure d’aide aux candidats si je réussissais le concours.

Quel est ton pire souvenir d’admission ?
Lors des écrits, juste après la première épreuve, celle de de Culture Générale. En sortant de la salle, un groupe de candidats qui avait fait une prépa privée affirmait à tout le monde qu’il fallait absolument citer Condorcet dans le sujet, et que si on avait oublié de le mentionner (je n’avais pour ma part pas pensé à lui un instant), c’était terminé pour nous. Je n’ai jamais rencontré ce groupe de jeunes hommes à Sciences Po par la suite …

Si tu étais un cours à Sciences Po ?

Celui que je viens de découvrir hier : « Stratégies électorales, comment gagner une élection ? ». On doit incarner un.e candidat.e pour les régionales, écrire son discours et suivre tout le processus de sa communication, c’est plutôt très sympa et formateur. Et tellement Sciences Po !

Si tu étais un plat ?
Version modeste : la charlotte à la framboise de ma mère, une vraie tuerie qu’elle me fait à chacun de mes anniversaires.

Version 7ème arrondissement : l’Amaryllis de Gérard Mulot, une pâtisserie macaron amande/pistache/framboise hors de prix mais absolument divine, à s’offrir pour les (très) grandes occasions.

Un mot d’encouragement ou un conseil à tous ceux qui souhaitent tenter le concours cette année ?

Croyez en vous comme nous croyons en vous.